La réussite de l’OTAN en Libye

Cet article a originalement paru en anglais dans le blogue du Conseil International du Canada : opencanada.org.

L’opération de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en Libye prend officiellement fin à minuit aujourd’hui. En fin de compte, ses aéronefs ont effectué quasiment 10 000 missions de frappe échelonnées sur sept mois. Lorsque la mission a débuté, bon nombre de commentateurs ont formulé une mise en garde contre le fait que l’intervention mènerait à un bourbier dans lequel risqueraient de s’enliser les forces occidentales en une autre guerre sans fin et impossible à remporter. Personne n’aurait pu prédire l’issue de l’intervention : les guerres ont le don de s’articuler selon leurs propres dynamiques, à l’éternel désarroi des planificateurs militaires et des politiciens. Dans ce cas, toutefois, non seulement a-t-on pu éviter le pire, mais le résultat a été
une remarquable réussite.

Mark Lynch, professeur agrégé spécialisé en sciences politiques et en affaires internationales à l’Université George Washington, résume bien le succès obtenu :

« L’intervention de l’OTAN a bel et bien sauvé les protestataires libyens d’un bain de sang quasiment assuré à Benghazi. Elle a aidé les Libyens à se libérer d’un régime extrêmement mauvais, violent et répressif. Elle n’a pas mené au bourbier largement prédit, au fractionnement de la Libye, à l’effondrement du Conseil national de transition ou à une conflagration régionale massive. Elle a été effectuée selon un mandat international réel, quoique contestable, qui a bénéficié d’un appui répandu des Arabes. Elle a contribué à instaurer — bien que de manière imparfaite et sélective — une norme internationale émergente qui rejette l’impunité des régimes qui massacrent leurs populations. La réussite de la Libye a inspiré les protestataires de la démocratie arabes à l’échelle de la région. Et elle n’a pas généré une occupation militaire américaine impopulaire et à long terme à laquelle il n’aurait jamais semblé prudent de se soustraire. »

Bien entendu, le gouvernement provisoire libyen fait maintenant face à la tâche éléphantesque de naviguer parmi les méandres de la transition à un système politique post-Kadhafi dans un pays n’ayant aucune expérience de la démocratie, présentant des
différences régionales et tribales importantes et doté de milices armées semi-autonomes.

Le message de la collectivité internationale aux dirigeants libyens aujourd’hui se doit
d’être simple : « Nous respectons et célébrons votre intention affirmée de créer un gouvernement représentatif et tolérant par le peuple libyen, de la part du peuple libyen et pour le peuple libyen – et nous ferons tout en notre pouvoir pour vous aider à atteindre cet objectif. » Parallèlement, cependant, pareille aide ne doit pas équivaloir à un chèque en blanc. Le ministre des Affaires étrangères du Canada John Baird, pour sa part, a mentionné qu’il tiendra le gouvernement libyen responsable de ses promesses à respecter les droits de la personne et à viser l’instauration d’une gouvernance fondée sur la démocratie. M. Baird a bien fait de procéder ainsi.

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